Roger Bissière, peintre français de la nouvelle École de Paris né le 22 septembre 1886 à Villeréal (Lot-et-Garonne) et mort le 2 décembre 1964 à Boissièrettes, est l'aîné de la génération des artistes qui font apparaître dans les Années 1950 la peinture non figurative.
Biographie
Roger Bissière à
Villeréal (
Lot-et-Garonne), où son père est notaire. À partir de 1898 il est interne au lycée de
Cahors. Son père s'installant à
Bordeaux en 1902, il y poursuit ses études au lycée Michel-Montaigne. Ayant commencé à peindre en 1903, il préfère ne pas poursuivre des études de droit, et s'embarque en 1904 pour
Alger où il travaille près d'un an auprès du peintre
orientaliste Rochegrosse. Rentré en 1905 il fréquente l'École des Beaux-Arts de Bordeaux puis, de 1909 à 1911, celle de Paris, voyageant à Rome et à Londres. À partir de 1912 et jusqu'en 1919 il écrit des articles sur la peinture dans plusieurs journaux, notamment l'hebdomadaire parisien “L'Opinion”.
Exempté dès 1907 puis en 1914, Roger Bissière s'engage mais est rapidement réformé. À partir de 1914 il participe à des manifestations collectives (Salon des artistes indépendants, Salon d'automne et se lie dans les années suivantes avec André Lhote, Georges Braque, Juan Gris. Il publie en 1920 un livre sur Braque, des préfaces (Zadkine) et des articles sur Seurat, Ingres et Corot dans la revue “L'Esprit nouveau” créée par Le Corbusier et Ozenfant. Bissière présente en 1921 sa première exposition personnelle à la galerie Paul Rosenberg. En 1923 France Ranson lui demande d'être professeur de peinture et de croquis à l'Académie Ranson où il ouvrira en 1934 un atelier de Fresque que fréquenteront notamment Alexandre Garbell, Jean Le Moal et Alfred Manessier. Ayant fondé une association avec ses amis Louis Latapie, Braque et Ozenfant, il fait construire au Square de Montsouris, avec l'aide d'Auguste Perret, une maison dont il conçoit les plans. En 1926 naît son fils Marc-Antoine qu'il surnomme Loutre et qui peindra sous le nom de Louttre B..
Lors de l'Exposition internationale des arts et techniques de Paris Bissière participe en 1937 à la décoration de différents pavillons dont celui des Chemins de fer, assisté par Bertholle, Le Moal et Manesier, après avoir exposé avec eux pour la première manifestation à Lyon, l'année précédente, du groupe “Témoignage”. Il quitte Paris en 1939 pour s'installer dans l'ancien presbytère qu'il a hérité de sa mère en 1902, à Boissiérettes dans le Lot. Il y cesse durant la guerre de peindre, pratiquant durant la décennie suivante d'aventureuses activités, "la culture avortée de la lavande" ; "l'élevage romantique du mouton confié à la garde d'une ancienne élève, Charlotte Henschel, rescapée du Nazisme et de l'académie Ranson; l'entreprise forestière avec un compagnon nommé Manessier; l'élevage de la vache (17 têtes et pas une goutte de lait); la transformation d'une Alfa Romeo de course en gazogène; les fours à charbon de bois; le déboisage à la jeep..." (Walter Lewino, in “Arts”, Paris, 9-15 décembre 1984; Bissière, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1986, p. 46).
Sur l'initiative en 1943 de Manessier, Bissière expose en 1944 à la Galerie de France de nouveaux pastels réalisés pendant l'hiver, aux côtés d'oeuvres de Bertholle, Le Moal, Manessier, Gustave Singier, Louttre B. et Étienne Martin (préface de Gaston Diehl). Il compose l'année suivante des tentures avec des morceaux de tissus, chiffons ou rideaux, vieux vêtements ou chaussettes usagées, que coud et brode sa femme “Mousse”, et en revient à la peinture. Ma jeunesse a commencé à soixante ans, confiera-t-il plus tard (in Bissière, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1986, p. 39). Ses tapisseries et toiles sont exposées à la galerie René Drouin en 1947. Opéré à Nantes en 1950 d'un double glaucome, Bissière réalise une série de petits tableaux à la peinture à l'oeuf, dont quelques-uns autour de l'île de Ré où il passe sa convalescence. Ses Images sans titre sont présentées en 1951 par Jean-Francois Jaeger à la galerie Jeanne Bucher qui par la suite exposera régulièrement son travail.
En 1952 Roger Bissière reçoit le grand Prix National des Arts. Il en revient à la peinture à l'huile en 1954 et illustre le “Cantique à notre frère Soleil” de saint François d'Assise, gravé par Marcel Fiorini. -- En 1955 Bissière est invité à la IIe Biennale de Sao Paulo et expose à la “Dokumenta” de Cassel. Il réalise en 1958 des vitraux pour les églises de Develier et Cornol en Suisse, tandis qu'une exposition rétrospective itinérante lui est consacrée dans les musées allemands et hollandais, et crée en 1960 les maquettes de deux verrières pour la cathédrale de Metz. En 1964, après l'exposition des petits panneaux du Journal en images 1962-1964 qu'il peint après la mort de “Mousse”et la présentation de ses toiles au pavillon français de la Biennale de Venise, où il reçoit une mention spéciale d'honneur, qui ne sera plus attribuée par la suite, “en raison de l'importance historique et artistique de son oeuvre”.
D'importantes rétrospectives de l'oeuvre de Bissière ont été organisées dans les vingt dernières années, notamment en France, à Paris et en province, en Allemagne et aux Pays-Bas. Ses oeuvres sont présentes dans un très grand nombre des plus grands musées français et européens. Bissière fait partie des peintres réunis pour l'exposition "L'envolée lyrique, Paris 1945-1956" présentée au Musée du Luxembourg (Sénat), avril-août 2006 (Grande composition, 1947; Sans titre, 1955; Paysage mexicain du Musée national d'Histoire et d'Art du Luxembourg; Vert et blanc (Composition 232), 1955) , par Isabelle Bissière, Virginie Duval et Serge Lemoine; tome 1, travaux de 1910 à 1939; tome 2, travaux de 1943 à 1964; tome 3, textes et documents; Neuchâtel, Editions Ides et Calendes, 2001 (ISBN 2825801550)
Bissière, “Pense à la peinture”, Colmar, Musée d'Unterlinden, 2004 Philatélie
En hommage à Bissière un timbre reproduisant l'une de ses oeuvres, Jaune et gris, est émis par les Postes françaises en 1990 (valeur de 5 F).Liens internes
Liens externes
- [#] Site consacré à Bissière
- [#] Bissière dans les Musées nationaux (base Joconde)
- [#] Collection du Musée national d'art moderne Centre Georges-Pompidou (rechercher : Bissière)
- [#] 28 Photos du site de la Réunion des musées nationaux
- [#] La Jeune fille au poisson, 1920, Musée de Bordeaux
- [#] Sans titre, 1955, Tate gallery, Londres
- [#] Site de la galerie Jeanne-Bucher (biographie et bibliographie détaillées, expositions et catalogues)
- [#] (en) Roger Bissière dans Artcyclopedia
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